Le livre a une double ambition : d’abord amener tout un chacun à imiter l’auteur, simple professionnel de la banque, en osant se saisir des questions économiques trop souvent confisquées par l’élite dominante et ensuite explorer comment s’esquiver des contraintes de cette Union européenne, qui elle-même ne cesse d’esquiver la question politique à l’aide de l’axiome du « no alternative ». 

Le livre expose donc le plus simplement possible les notions économiques de base : notions d’équilibre des échanges, leur importance, le rôle de la monnaie et des banques, ainsi que le système bancaire européen, les flux monétaires, les politiques monétaires et budgétaires. Il introduit le raisonnement qui conduit à l’idée que les traités de l’UE et la monnaie unique ne pouvaient pas fonctionner, qu’ils constituent une impasse du point de vue du bon sens économique si du moins l’objectif naturel est que les pays vivent en paix dans la coopération. Les analyses des économistes hétérodoxes sont résumées et illustrées par des recherches statistiques personnelles.

Mars 2019 : Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, annonce par conférence de presse l’ouverture d’un méga-plan de prêt aux banques. Deux exemples : il s’agit de prêter sur deux ans 3 à 400 milliards d’euros aux banques italiennes en déroute, ou encore 150 à 200 milliards d’euros aux banques françaises en grande difficulté.

Une information qui passe totalement inaperçue dans notre pays. Aucune réaction n’est à noter. Même les opposants les plus pugnaces au capitalisme se montrent aussi passifs que le reste des observateurs. Depuis la crise des subprimes-Lehman en 2007-2008, les injections de liquidités par dizaines de milliers de milliards de dollars s’effectuent dans l’indifférence générale… comme une sorte de routine.

Pourtant les « quantitative easing » sont à la base d’un gigantesque transfert de richesse qui permet au capitalisme financier mondial de survivre aux dépens des peuples et des nations.

« Dans quelle crise sommes-nous ? » de Philippe Hervé tente de décrypter et de comprendre la machinerie du Capital, bref le moment historique que nous vivons depuis l’implosion du système financier international il y a 10 ans.

En fait, le capitalisme classique, dit de « marché », est mort cliniquement à la fin des années 2000. Reste un système bancaire zombie, incapable de boucler ses fins de mois sans l’aide des banques centrales et le déversement permanent d’argent frais par milliards. On peut parler aujourd’hui de « capitalisme assisté » dans la mesure où les lois du marché ne s’appliquent plus, en particulier la plus déterminante d’entre elles, celle sur les faillites devenues impossibles pour les banques dites « systémiques ».
Naturellement, ces planches à billets fonctionnant en permanence devraient entraîner une hyper inflation. Pour pallier ce problème, les économies occidentales et européennes, en particulier, sont intentionnellement mises en récession pour réduire la masse monétaire globale d’un montant égal ou peu différent des injections de liquidités. Philippe Hervé a baptisé cette compensation financière, et donc ce transfert gigantesque de richesse, de « Grand Radiateur Monétaire ». Ce dispositif est la base de l’exploitation et de l’oppression des peuples dans la phase historique que nous traversons. La finance n’est pas « folle » comme le pensent certains experts, même de gauche : il s’agit de la mise en place d’un dispositif de survie artificielle d’un système financier qui en fait a déjà implosé en 2007-2008. La dénomination du mode de production d’aujourd’hui est bien définie par le vocable de Capitalisme Monétaire.

Chaque mois de juin pendant 10 ans, Philippe Hervé a rédigé un article annuel pour faire le point sur l’évolution de la crise et de ses conséquences tant politiques que sociales. Il s’agit d’une recherche avec ses tâtonnements et parfois ses méprises. Par exemple, la compréhension pleine et entière du « Grand Radiateur Monétaire » n’apparaît que trois ans après le début de sa mise en place effective en 2010.

Toutefois, la volonté de l’auteur est surtout d’ouvrir le débat sur « Le » sujet central du capitalisme d’aujourd’hui qui détermine les événements « en aval » tels que l’arrivée au pouvoir de Trump, le Brexit, le nouveau pouvoir en Italie ou encore le mouvement des gilets jaunes en France. L’évolution de ce « capitalisme assisté » a pour conséquence de précipiter dans le chaos les sphères politiques et sociales dans tous les pays développés. Car les intérêts des classes sociales, et au sein même de celles-ci, divergent en provoquant une accentuation des affrontements.

Cette tentative de compréhension de la crise est nécessaire et indispensable pour percevoir la fin d’un mode de production. L’école philosophique de Francfort proposait le concept de « capitalisme tardif ». Philippe Hervé reprend ce concept et l’élargit. Pour lui, le pli historique ouvert au 16e siècle par la diffusion progressive du système bancaire, d’abord dans la vallée lombarde puis dans le reste de l’Europe, est en train de se refermer sous nos yeux. Un Nouveau Monde va remplacer l’ancien, et ce genre d’accouchement est souvent compliqué et parfois très douloureux.
 
Voilà pourquoi la phrase de Gramsci définissant la crise a été mise en exergue de ce livre : « la crise c’est quand le vieux monde se meurt et que le jeune hésite à naître ».

L’économie politique, en tant que discipline spécialisée, distincte de la philosophie et de la politique, est née en Europe au 16èmesiècle. Le domaine qu’elle étudie est l’économie capitaliste. Les auteurs des courants de pensée dominants (mercantilistes, classiques, néoclassiques, keynésiens, monétaristes…) cherchent à comprendre son fonctionnement pour pouvoir mieux conseiller ceux qui dirigent l’État. Ils leur proposent d’appliquer des politiques qui permettraient d’assurer la continuité de la croissance économique et la pérennité du capitalisme.

Karl Marx se place dans une optique totalement différente. La formule que lui et Engels ont utilisée dans le Manifeste du parti communiste pour résumer la dynamique sociale est célèbre :

“L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes”.

Le Capital s’inscrit dans cette perspective générale : en écrivant cette œuvre, l’objectif de Marx est de dévoiler les ressorts des luttes de classes dans le capitalisme. N’attaquant pas les problèmes économiques sous le même angle que ses prédécesseurs, il a été conduit à élaborer un ensemble de nouveaux concepts. Présentant sa vision de l’organisation des sociétés humaines, il écrit :

“Le résultat général auquel j’arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur à mes études, peut brièvement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société…Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général” (Karl Marx, Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique, 1969, p. 4).

Les concepts que Marx a forgés sont complexes ; il n’est pas aisé de saisir leur contenu et de voir comment ils sont articulés les uns aux autres. Ici réside une première difficulté de lecture du Capital.

Une seconde difficulté tient au fait que Marx cherche constamment à dépasser les apparences immédiates parce qu’elles sont souvent trompeuses. Prenons un exemple. L’observation montre que le soleil tourne autour de la terre. Mais il n’en est rien : les scientifiques ont rigoureusement démontré que c’est au contraire la terre qui tourne autour du soleil, et cette vérité a mis du temps avant de s’imposer définitivement. En économie, on a affaire au même phénomène. Par exemple, l’opinion publique accepte sans discussions que dans un marché concurrentiel, les prix sont gouvernés par la “loi de l’offre et de la demande”. Mais il s’agit d’une apparence. La démonstration que les prix dépendent en fait de bien d’autres facteurs est complexe et pas forcément évidente à comprendre.

Le Capital en toute simplicité a été rédigé en visant deux objectifs : 1) Exposer les principales thèses du Capital avec des mots simples et présenter le fonctionnement du capitalisme en utilisant, quand cela est nécessaire, des exemples numériques ne nécessitant aucune connaissance mathématiques particulière. 2) Montrer que cette œuvre permet de comprendre la marche actuelle de l’économie. C’est d’ailleurs ce qu’admet la banque Natixis (filiale de BPCE, 2ème groupe bancaire en France). Après avoir étudié les séries statistiques de la période 1996-2018 relatives à l’économie des principaux pays capitalistes (États-Unis + Royaume-Uni + zone euro + Japon), Natixis conclut :

“la dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx” (Natixis, Flash Economie, 2 février 2018).

HO Hai Quang

L’approfondissement du capitalisme est une impasse et la démocratie se dérobe. Fragilisée, la société se fragmente sous les coups de boutoirs conjoints des extrémismes religieux qui revendiquent le pouvoir temporel et des docteurs Mabuse différentialistes de la politique.
 
Les individus en sont rendus à se chercher des identités partielles de substitution. La menace de la guerre civile rôde.
Les élections de 2017 ne peuvent dès lors être juste un scrutin de plus. La France verra des communautés s’affronter ou le peuple se refonder. La laïcité, parce qu’elle est tout à la fois une insoumission, un principe d’organisation sociale et politique, et un chemin vers l’émancipation, est l’outil du grand nombre pour affronter sans faiblir les dangers d’aujourd’hui et faire émerger un nouveau sens commun humaniste et universaliste pour un avenir en commun.

Le 31 juillet 1914, ce n’est pas seulement Jean Jaurès qui est assassiné mais la République sociale. Celle-ci garde pourtant encore tout son potentiel. Après une présentation des fausses bonnes idées pour ceux qui souhaitent une transformation sociale et politique effective et loin de la croyance que l’avenir se construit autour d’une idée simple qui résoudrait à elle seule tous les problèmes, ce livre met en débat un modèle politique global refondé de République sociale pour le 21e siècle.

Ce livre analyse l’inefficacité croissante d’un mode de production à l’obsolescence programmée, le capitalisme : crise du salariat, crise d’efficacité dans les entreprises par l’hypertrophie de la « gouvernance », le management pyramidal par objectif, le management par le budget.

Une tentative contre-productive pour garder sous sa domination un salariat devenu de plus en plus qualifié et autonome au fur et à mesure du « développement des forces productives ».

« À un certain degré de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en collision avec les rapports de production existants, ou avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors, et qui n’en sont que l’expression juridique. Hier encore formes de développement des forces productives, ces conditions se changent en de lourdes entraves. Alors commence une ère de révolution sociale…. »  Karl Marx

Ce livre a l’ambition de contribuer à répondre à l’attente exprimée par le secrétaire général de la Cgt vis-à-vis de la sphère politique :

« Je trouve [….] incroyable que dans un pays comme la France, qui a cette diversité, cette histoire, cette culture, on ne trouve pas une voix pour s’élever et nous parler non pas de ce qui va mal mais de ce qu’il serait possible de faire ».

Ce second volume est consacré à la République Sociale dans sa dimension productive, en tant que dépassement de la crise du capitalisme et du salariat.

La laïcité est une pierre angulaire de la République sociale car l’application de ce principe d’organisation sociale permet un niveau plus élevé de liberté, d’égalité et de fraternité que dans les cas où il serait absent.

La guerre contre la santé solidaire, ou dit autrement, la guerre pour la marchandisation et la privatisation des profits des secteurs rentables de la santé et pour la socialisation des pertes des secteurs non rentables pour les actionnaires, est entrée dans une phase cruciale. Rappelons que les dépenses de santé représentent 11,1% du PIB. Les prédateurs ne se cachent plus pour attaquer la santé et l’assurance-maladie, ils disent ce qu’ils font et font ce qu’ils disent. De Warren Buffet, deuxième homme le plus riche du monde, jusqu’à Denis Kessler, actuel président de la SCOR, en passant par Guillaume Sarkozy, le patron de Médéric-Malakoff, tous assument ouvertement cette guerre. Devant cette offensive unie et bien organisée, y-a-t-il une résistance à la hauteur des enjeux ? Que nenni ! La confusion règne. Beaucoup sont instrumentalisés par les prédateurs y compris des dirigeants politiques et des organismes complémentaires. Bien qu’il ait eu une accélération de la prédation décrite à partir de 2002 avec même un passage en turbo depuis la dernière présidentielle, il sera montré que cette logique prévaut depuis au moins 43 ans (depuis les ordonnances de 1967) et que les gouvernements de gauche ne l’ont guère enrayée et que la gauche elle-même a aussi mis la main à la pâte à ce processus. Le livre se termine par une proposition alternative d’un nouveau système solidaire de santé et d’assurance- maladie et appelle à une insurrection des consciences.

Longtemps, les économistes de marché serinèrent aux peuples les vertus de la mondialisation, heureuse, et de l’intégration européenne, protectrice. Ils se trouvèrent fort dépourvus quand la crise fut venue, et en guise d’explication, ils entonnèrent l’antienne de la cupidité des uns (banquiers et managers) ou de l’impéritie des autres (gouvernants et autorités de régulation) et purent continuer de pérorer dans les médias. Après les événements récents liés aux questions grecque et italienne, cette position n’est plus tenable.

Ce petit livre d’économie politique prend le risque d’une analyse qui relie les phénomènes politiques aux lois de l’économie. Non pas les lois de l’économie de marché, pure fiction qui légitime le néo-libéralisme, mais les lois du système capitaliste, telles que formulées par Marx en son temps, puis Keynes. Ces lois donnent sens à la crise actuelle : loin d’être irrationnel, le comportement des agents privés ou des autorités publiques, est la cause immédiate de la crise, mais il est avant tout la réponse aux contraintes de fonctionnement du système économique et social, contraintes résultant de mécanismes qu’il convient de mettre au jour. Après qu’à la fin des années soixante, l’espoir républicain du CNR se fut échoué sur l’écueil de la baisse du taux de profit, l’inflation, manifestation initiale de la crise du fordisme, dégénéra en stagflation et fit le lit du néo-libéralisme. La financiarisation globalisante put alors restaurer les profits rentiers, mais, ne produisant pas de richesse réelle, elle mena à la crise financière. Et lorsque la socialisation des dettes privées éleva le mur de la dette publique, le capitalisme financiarisé s’avéra, comme prévisible, incapable de le franchir. Une sortie de crise véritable implique de démondialiser, ce qui sonne l’heure de la république sociale et de la repolitisation de la monnaie. Car seul un retour au projet républicain de Jaurès va dans le sens de l’Histoire, celui de l’émancipation de l’humanité.

Plusieurs siècles de lutte sociale et de résistance à l’oppression ont été nécessaires pour conquérir notre plus extraordinaire joyau collectif : la Sécurité sociale. Il fallut également la force d’une poignée de résistants pour rétablir l’honneur de la France. Dans un pays ruiné par la guerre, le programme du Conseil National de la Résistance, également intitulé « Les Jours Heureux », reste à ce jour un acte d’héroïsme patriotique d’une rare audace. La Sécurité sociale est au coeur de ce projet et constitue à ce jour la plus remarquable construction sociale française. Elle offre non seulement aux travailleurs les conditions d’une vie décente mais également les clés d’une citoyenneté nouvelle : le Droit Social. Depuis 1945, la Sécurité sociale a permis à la France de se doter du meilleur système de santé du monde, de garantir aux travailleurs une retraite proche du dernier revenu d’activité, de soutenir activement les familles… Mais surtout, grâce à la cotisation sociale qui la finance, la sécurité sociale est en réalité une institution du salaire. Elle confère aux travailleurs des droits inaliénables qui sont les armes de leur émancipation sociale et démocratique face à l’arbitraire des marchés. Pour tous ceux qui veulent trouver les clés de résistance au projet social néo-libéral et qui veulent penser à un modèle alternatif de protection sociale, la lecture de ce livre est indispensable car il permet à tout citoyen, sans connaissance préalable de ce secteur, d’en comprendre les enjeux. Ecrit par un spécialiste de la protection sociale, il sera aussi d’un grand intérêt pour les intellectuels et professionnels car il est rare de trouver en un seul volume un tel niveau de globalisation de la question sociale. Mais surtout, une approche conceptuelle innovante et de nombreuses propositions concrètes permettront au lecteur de trouver des réponses alternatives aux enjeux de la Protection sociale du même siècle.