Portrait de la présidente du REP, Catherine Jousse

Source http://www.humanite.fr/social-eco/catherine-jousse-une-autodidacte-qui-soigne-ses-va-550030
Les rendez-vous de l’économie sociale et solidaire

Longtemps responsable CGT, 
la militante est aujourd’hui directrice 
de la Solidarité mutualiste.

Portrait par Nicolas Dutent

«Le syndicalisme m’a poussée à m’intéresser aux questions de protection sociale au sens large », explique d’une voix basse Catherine Jousse. Aujourd’hui directrice administrative de la Solidarité mutualiste, cette femme au tempérament discret a intégré, à dix-huit ans, un simple BEPC en poche, la Mutuelle générale des postes et des communications (MGPTT). Son désir d’engagement la pousse pourtant à s’affirmer par la voie syndicale, au sein de la Fédération des personnels des organismes sociaux CGT, dont elle devient, en 1995, chargée de la communication. En 2002, et pour deux mandats, elle est élue secrétaire générale, une période pendant laquelle elle gagne en expertise dans le domaine de la protection sociale, siège dans des conseils d’administration comme celui de la Caisse nationale d’assurance maladie ou de l’Union des caisses nationales de la Sécurité sociale. Elle s’illustre comme présidente de l’Agence nationale du chèque vacances, « un bel outil », et devient membre du Conseil économique et social.

Suivant son intérêt pour les affaires sociales elle reprend, en 2008, le chemin des mutuelles. Elle est aujourd’hui à la tête d’une complémentaire santé qui représente quelque 23 000 adhérents. Mais, pour elle, « la base de la protection sociale, c’est la Sécurité sociale », tient-elle à préciser. Si Catherine Jousse est combative, elle est aussi une professionnelle inquiète : « 50 % des mutuelles ont disparu depuis 2006. On déstructure par 
petites touches les structures de proximité, qui subissent de plein fouet la loi du marché », constate-t-elle. À la clé, une relation à l’adhérent qui tend à « s’industrialiser », basculement conforté par l’apparition de plates-formes téléphoniques. Entre difficultés à assumer des coûts de gestion croissants et l’apparition de taxes, « qui ont fait flamber les cotisations », la directrice craint que « seules les grosses mutuelles ayant les moyens d’offrir des produits diversifiés et de tirer profit de placements financiers ne parviennent à s’en sortir ». Plutôt que de viser l’objectif « cavalier » du million d’adhérents ou d’accepter la concurrence accrue que se livrent entre elles les mutuelles, Catherine Jousse plaide pour un avenir mutualiste enraciné dans ses valeurs de démocratie (principe un homme-une voix, élection du bureau par les adhérents) et de solidarité. Lorsqu’elle quitte son bureau avec vue sur le quartier vibrant de Crimée à Paris, Catherine redevient une autre, militante associative cette fois. Présidente du Réseau éducation populaire, elle valorise la synergie créée par des troupes de théâtre et des conférences gesticulées. Pour la responsable mutualiste, il en va de la généralisation de la santé comme de démocratie culturelle, l’égalité passe aussi par le « maillage territorial ».

 

 

 

 

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