Féminisme

Compte rendu du séminaire féminisme du 12 mars 2012

 

Etaient présents : Monique Vézinet, Bernard Teper, Solange Cidreira, Audrey Baudeau, Soad Baba Aïssa

 Le diaporama support est un outil complet qui peut à la fois servir à un stage de formation et à une conférence de 2 heures. Il peut être utilisé de manière partielle pour l’adapter à chaque conférence selon le public. Il peut donner lieu à un livre tout autant qu’à une intervention de 10 mn.

 

Pour le diaporama :

 I- Introduction

Notre point de départ est de rompre avec l’idée surplombante qui a divisé le mouvement féminisme, mais de proposer la globalisation des combats donc intégrer le féminisme dans le projet social.

Le combat féministe est un combat qui apporte à l’humanité ; donc l’humanité est concernée et doit le porter. Ce n’est pas le combat d’une moitié de la population.

Globalisation contre idée surplombante.

II – Rappel anthropologique

Histoire de la domination masculine. Plus largement pourquoi sommes-nous toujours dans un rapport de dominé/dominant ? (diapos à venir de MV)

III – Histoire

Un certain nombre de diapositives réalisées par MV sur l’histoire du féminisme depuis la Révolution française mettent en évidence les difficiles relations entre le mouvement social de gauche et les demandes féministes, jusqu’au 20e siècle. Si aujourd’hui les droits politiques, civils et sociaux des femmes sont reconnus en France, leur effectivité reste en débat.

Il faudra revenir sur ce qui a divisé le mouvement féministe au cours des dernières décennies : essentiellement l’opposition entre essentialisme (« naturalisme »  pouvant conduire à des formes de communautarisme) et universalisme. Après les débats théoriques du MLF, celui sur la parité, elle reste présente dans la question du voile.

IV – Enjeux du féminisme

L’enjeu du féminisme c’est l’humanité une et indivisible. Ce n’est pas le combat uniquement « pour les femmes ». C’est vouloir une égalité en droits pour toutes et pour tous.

C’est lutter contre la charge mentale qui est « palpable » sur les questions de contraception, de gestion des enfants, des tâches ménagères, … Se pose la question de la quête du pouvoir, il ne faut pas avoir de charge mentale pour « entrer dans l’arène ».

C’est lutter pour que personne construise sa liberté de conscience. Respecter ce que chacun veut être. Se construire c’est le travail de chaque jour or si on décrète d’emblée ce que chacun doit penser, être, on ne travaille plus à sa construction puisque tout est déterminé à l’avance.

Se pose la question de la théorie du genre : pourquoi décidons-nous à l’avance de ce que les gens doivent être ?

 C’est accepter la modernité avec les modalités pratiques que cela suppose d’inventer. Face à des bouleversements dans les formes de famille, de couple, … face à des changements qui déstabilisent, il faut lutter contre le retour à des solutions rassurantes. La famille évolue, la solution n’est pas le retour aux femmes à la maison. Il faut inventer des solutions nouvelles.

V – Nos propositions doivent partir de dénominateur commun

Ce qui devrait unir les femmes dans un combat : la protection des services publics de santé, la mise en place d’un service public de la petite enfance, … ainsi que la lutte pour l’égalité salariale, contre la précarisation, …

Ce sont des luttes qui doivent embarquer les hommes car ces combats les concernent.

Première liste de propositions concrètes (BT et al.) :

  • Une loi contre les violences faites aux femmes (type loi espagnole) avec création massive de lieux d’hébergement d’urgence mère-enfants avec suivi global.
  • Lier féminisme et laïcité.
  • Une éducation à la santé et à la sexualité sérieusement à l’école (avec 1 heure par semaine par exemple, permanence du planning familial, infirmière, assistante sociale, médecins et psychologues).
  • Sanctionner les directeurs d’hôpitaux sans service IVG.
  • Créer un lieu de planning familial dans tous les établissements de santé sans exception
  • Mettre en pratique le financement de la loi Veil de 1975
  • Sanctionner les employeurs qui pratiquent les écarts de salaire entre les hommes et les femmes à qualification égale.
  • Améliorer l’orientation scolaire pour que les filles ne s’auto-dévalorisent pas dans le choix d’un métier.
  • Défendre la retraite pour tous et partout à la qualification (seul moyen de supprimer les 38% d’écart).
  • Défendre les « trois claquements de doigts » concernant l’accueil des jeunes enfants (au-delà du temps de travail, pour permettre la participation des femmes à la vie citoyenne et leur développement personnel).
  • Améliorer l’accueil des personnes âgées dépendantes dont la charge pèse très majoritairement sur les femmes.
  • Lutter contre le travail précaire.
  • Développer des mesures pour supprimer la pauvreté des familles monoparentales.
  • Engager une vraie lutte contre le proxénétisme avec construction massive d’hébergement pour les prostituées avec psychologue, médecin, assistante sociale, antenne Pôle emploi spécialisée.
  • Encourager le partage du congé parental et assurer une vraie formation pour le retour à la vie professionnelle des mères.
  • Sa battre sans fard pour les droits des femmes partout dans le monde sans relativisme culturel.

En vrac :

  • pour dynamiser une conférence, le diaporama peut faire l’objet d’un jeu de questions/réponses type Quizz.
  • La retraite à la qualification. La retraite (partage de la valeur ajoutée) par répartition ne devrait pas se faire en fonction d’annuité, de temps d’arrêt, de ci de là, … La retraite liée à la qualification supprime la question homme/femme car on s’intéresse seulement à la question de la qualification. Cela suppose une égalité de formation, d’évolution de carrière, de qualification !

Ce qui fait débat entre nous : la parité, la prostitution, féminisme et laïcité, la théorie du genre.

 

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Interview de Soad Baba-Aïssa dans le Soir d’Algérie, « la mosquée est l’annexe des partis islamistes »

Nous reprenons ici l’entretien donné par Soad Baba Aïssa au Soir d’Algérie, et où elle revient sur les « printemps arabes » de 2011 et la situation de la démocratie en Algérie.

Nous avons demandé à Soad Baba-Aïssa de préciser certains points de cette déclaration. Pourquoi elle ? Parce qu’elle en est l’auteur avec d’autres camarades, et qu’elle s’est toujours positionnée, ici en France où elle vit, mais en Algérie aussi, comme une militante active des droits des femmes. Syndicaliste et militante féministe laïque, elle allie le combat social et le combat sociétal car, convaincue, dit-elle, que «les valeurs d’égalité des droits, d’universalité des droits fondamentaux des femmes, de citoyenneté et de laïcité sont primordiales».
Avec ses amies féministes, elle a créé, en Algérie, l’Association nationale pour la promotion de la laïcité en Algérie (ANPLA) dont elle est la porte-parole au sein de l’immigration. Elle a fortement pris part à la campagne 20 ans barakat (20 ans, ça suffit !) pour l’abrogation du code de la famille algérien. Soad Baba-Aïssa milite aussi au sein de l’association Femmes Solidaires et a intégré aussi le réseau Initiative féministe européenne (IFE) où elle est l’une des référentes laïcité.

Propos recueillis par Khadîdja Baba-Ahmed

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